Le 1ᵉʳ avril 2026, la délibération CRE T2 a redéfini deux variables qui pèsent sur tout devis solaire signé cette année : la prime à l’autoconsommation, ramenée à 80 €/kWc pour les installations ≤ 9 kWc et versée en une seule fois (et non plus sur cinq ans), et le tarif de rachat du surplus, fixé à 0,04 €/kWh pour la même tranche. Conséquence : sur un 6 kWc, l’aide directe représente désormais 480 € — soit 4 à 5 % du coût d’une installation médiane. Le levier de rentabilité, lui, s’est déplacé : il ne tient plus aux subventions, mais à l’autoconsommation et au tarif réseau (0,2516 €/kWh, TRV bleu EDF, arrêté du 31 janvier 2026).
Ce guide pose les trois puissances résidentielles les plus courantes — 3, 6 et 9 kWc — sur le même tableau, avec les prix marché 2026 constatés, les aides exactes par tranche, et trois cas chiffrés.
En bref
- Prix TTC 2026 (TVA 5,5 %) : 5 000 - 7 500 € pour 3 kWc, 9 000 - 13 000 € pour 6 kWc, 13 000 - 17 000 € pour 9 kWc (sources : ADEME baromètre 2025, FFB Solaire France, syndicat ENERPLAN).
- Prime CRE T2 2026 : 80 €/kWc ≤ 9 kWc, versée en une fois par EDF OA dans les 90 jours suivant la mise en service. 120 €/kWc sur 9-36 kWc, 60 €/kWc sur 36-100 kWc.
- Tarif de rachat du surplus : 0,04 €/kWh ≤ 9 kWc, 0,0473 €/kWh sur 9-100 kWc — contrat EDF OA de 20 ans (délibération CRE-2026-T2).
- TVA 5,5 % : résidence, quelle que soit son ancienneté, installateur RGE QualiPV, puissance ≤ 9 kWc (art. 278-0 bis P du CGI, modifié par la LF 2025). Au-delà ou hors conditions : TVA 10 % ou 20 %.
- ROI typique : 10 à 12 ans pour un 3 ou 6 kWc bien orienté, 11 à 13 ans pour un 9 kWc — autoconsommation 35-70 %, irradiation France moyenne 1 100 kWh/kWc·an, PR 0,82.
Note
« À 0,04 €/kWh, le surplus vaut six fois moins qu’un kWh autoconsommé à 0,2516 €. La taille du dimensionnement compte plus que la prime. »
Note
— Bureau d’étude Watoo, calcul T2 2026
1. Quelle puissance pour quel foyer ?
La puissance crête d’une installation se choisit d’abord en fonction de la consommation annuelle d’électricité du foyer, ensuite de la surface de toiture disponible. Un dimensionnement excessif réduit le taux d’autoconsommation et fait basculer une part croissante de la production vers un tarif d’achat à 0,04 €/kWh — six fois inférieur au prix réseau évité.
Repère consommation → puissance
| Consommation annuelle | Profil type | Puissance recommandée | Surface utile |
|---|---|---|---|
| 2 500 - 4 000 kWh | Studio, couple sans chauffage électrique | 3 kWc | ~16 m² (7-8 panneaux 430 Wc) |
| 4 000 - 6 500 kWh | Famille 3-4 personnes, ECS électrique | 6 kWc | ~28 m² (14 panneaux) |
| 6 500 - 9 000 kWh | Famille 4+, chauffage électrique partiel | 6 - 9 kWc | 28-42 m² |
| 9 000 - 13 000 kWh | Maison avec PAC, VE, piscine | 9 kWc | ~42 m² (21 panneaux) |
| > 13 000 kWh | Tertiaire, gros consommateurs | 9 - 36 kWc | Étude spécifique |
Les Wc usuels résidentiels 2026 se situent entre 400 et 500 Wc par panneau (JinkoSolar Tiger Neo, Trina Solar Vertex S+, LONGi Hi-MO 6) — toute mention d’une puissance de 250-330 Wc relève d’un catalogue obsolète.
Comment se calcule la production réelle
La formule prudente, utilisée par les bureaux d’étude depuis la norme NF EN 61724, fait intervenir un Performance Ratio (PR) qui agrège l’ensemble des pertes système : câblage, onduleur, encrassement, échauffement modules, tolérance constructeur, ombrages diffus.
Production annuelle = Puissance crête (kWc) × Irradiation (kWh/kWc·an) × PR
PR de référence retenu dans ce guide : 0,82 (installation neuve, orientation sud ± 30°, inclinaison 25-35°, peu d’ombrage). Les promesses « 1 kWc = 1 200 kWh à Paris » sans PR aboutissent à des projections gonflées de 15 à 20 %.
Irradiations canoniques 2026 (PVGIS, TMY 2005-2020) :
| Zone | Irradiation (kWh/kWc·an) | Production 6 kWc avec PR 0,82 |
|---|---|---|
| Lille / Nord | 1 020 | 5 020 kWh |
| Paris / IDF | 1 170 | 5 760 kWh |
| Lyon / AURA | 1 290 | 6 350 kWh |
| Bordeaux / Nouvelle-Aquitaine | 1 320 | 6 500 kWh |
| Marseille / PACA | 1 530 | 7 530 kWh |
Pour une moyenne France métropolitaine à 1 100 kWh/kWc·an, un 6 kWc produit ~5 410 kWh/an. C’est cette valeur que retiennent les rapports utilisés dans la suite — pas le maximum théorique.
2. Combien ça coûte vraiment en 2026 ?
Les fourchettes ci-dessous sont consolidées à partir du baromètre ADEME 2025 (mis à jour sur la base d’une enquête auprès de 220 installateurs RGE), des relevés FFB Solaire France 2026 T1 et du syndicat ENERPLAN. Elles concernent une installation résidentielle, en France métropolitaine, hors zones contraintes (ABF Paris intra-muros, Côte d’Azur premium, DOM — où il faut compter +10 à +15 %).
Prix marché 2026 (TVA 5,5 % incluse)
| Puissance | Prix TTC bas | Prix TTC haut | Coût moyen/kWc | Nombre de panneaux 430 Wc |
|---|---|---|---|---|
| 3 kWc | 5 000 € | 7 500 € | 1 800 €/kWc | 7-8 |
| 6 kWc | 9 000 € | 13 000 € | 1 800 €/kWc | 14 |
| 9 kWc | 13 000 € | 17 000 € | 1 700 €/kWc | 21 |
| 12 kWc (repère) | 17 000 € | 22 000 € | 1 650 €/kWc | 28 |
Effet d’échelle : le coût par kWc baisse de ~5 % entre 3 et 9 kWc, parce que les coûts fixes (déplacement, étude, raccordement, démarche administrative) se répartissent sur davantage de modules. Au-delà de 9 kWc, le palier suivant intervient à 36 kWc (limite TURPE) et fait basculer dans une logique tertiaire.
Décomposition d’un devis 6 kWc à 11 000 € TTC
Voici la structure type d’un devis 2026 conforme au cadre RGE, hors aides :
| Poste | Coût HT | % du total |
|---|---|---|
| 14 panneaux 430 Wc N-type (TOPCon) | 2 100 € | 20 % |
| Onduleur string 6 kVA (Huawei / SolarEdge / SMA) | 1 200 € | 12 % |
| Structure de fixation (K2 Systems, Esdec) | 800 € | 8 % |
| Câblage DC/AC, coffrets, parafoudres | 600 € | 6 % |
| Main-d’œuvre pose + élec (2 jours, équipe de 2) | 2 200 € | 21 % |
| Étude, démarches Enedis-Consuel, gestion projet | 1 100 € | 10 % |
| Échafaudage / nacelle si nécessaire | 400 € | 4 % |
| Marge installateur + assurance décennale | 2 000 € | 19 % |
| Total HT | 10 400 € | 100 % |
| TVA 5,5 % | 572 € | — |
| Total TTC | ~11 000 € | — |
Tout devis 6 kWc présentant un total TTC inférieur à 8 000 € ou supérieur à 14 500 € mérite une seconde lecture — soit le matériel est sous-dimensionné/sous-garanti, soit la marge dépasse les pratiques constatées. La décennale, à elle seule, représente 200 à 350 €/installation en cotisation imputable.
Pourquoi le « 9 500 € pour 3 kWc » qu’on voyait avant 2024 a disparu
La baisse cumulée du prix des modules (-32 % entre 2022 et 2025 d’après l’ADEME) et l’entrée en vigueur de la TVA 5,5 % en octobre 2025 ont ramené le 3 kWc dans la fourchette 5 000 - 7 500 €. Toute proposition au-delà de 8 500 € TTC pour un 3 kWc standard est désormais hors marché — sauf cas particulier (toiture ABF, intégration au bâti, accès complexe).
3. Les aides en 2026 (CRE T2)
Le cadre des aides au photovoltaïque résidentiel s’est nettement simplifié depuis 2024, et trois mécanismes coexistent. Le premier point à retenir, parce qu’il est régulièrement présenté à tort : MaPrimeRénov ne finance pas les panneaux photovoltaïques en autoconsommation. Aucune dérogation, aucun cumul. Elle finance la PAC, le solaire thermique (chauffe-eau solaire individuel), l’isolation et la ventilation, mais pas le PV (Service-Public.fr, fiche F35580).
3.1 Prime à l’autoconsommation (CRE T2 2026)
| Tranche puissance | Prime T2 2026 | Pour 3 kWc | Pour 6 kWc | Pour 9 kWc |
|---|---|---|---|---|
| ≤ 9 kWc | 80 €/kWc | 240 € | 480 € | 720 € |
| 9 - 36 kWc | 120 €/kWc | — | — | — |
| 36 - 100 kWc | 60 €/kWc | — | — | — |
| > 100 kWc | Non éligible | — | — | — |
Modalités de versement : la prime est désormais versée en une seule fois par EDF OA, dans les 90 jours suivant la mise en service de l’installation et la signature du contrat d’obligation d’achat. C’est un changement majeur par rapport au cadre 2017-2023, qui prévoyait un versement échelonné sur 5 ans. Le montant total est plus bas qu’en 2022 (où la prime ≤ 9 kWc tournait à ~370 €/kWc cumulés sur 5 ans), mais la trésorerie est immédiate.
Source : délibération CRE n° 2026-XX du 28 mars 2026, publiée sur cre.fr/documents/deliberations. Le tarif T2 s’applique aux installations dont la demande complète de raccordement Enedis a été déposée entre le 01/04/2026 et le 30/06/2026.
3.2 Tarif d’achat du surplus
Le contrat EDF OA achète l’électricité injectée sur le réseau — c’est-à-dire ce que vous ne consommez pas sur place — à un tarif fixe pendant 20 ans :
| Tranche puissance | Tarif T2 2026 | Durée contrat |
|---|---|---|
| ≤ 9 kWc | 0,04 €/kWh | 20 ans |
| 9 - 100 kWc | 0,0473 €/kWh | 20 ans |
| > 100 kWc | Appel d’offres CRE | Variable |
Toute mention d’un tarif de rachat à 0,1339 €/kWh, 0,13 €/kWh ou 0,18 €/kWh sur de l’autoconsommation avec vente du surplus relève d’un cadre tarifaire antérieur à 2024 — il a été progressivement abaissé à mesure que le prix de marché de l’électricité montait. Aujourd’hui, le surplus est six fois moins rémunérateur qu’un kWh autoconsommé à 0,2516 €/kWh.
3.3 TVA réduite à 5,5 %
Depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances 2025 (article 278-0 bis P du CGI modifié), la TVA s’applique à 5,5 % sur l’installation photovoltaïque résidentielle, matériel ET main-d’œuvre confondus, sous trois conditions cumulatives :
1. Local affecté — ou destiné à être affecté à l’issue de sa construction — à un usage d’habitation, quelle que soit son ancienneté : la doctrine vise ces locaux « quelle que soit l’ancienneté de ces locaux » (BOI-TVA-LIQ-30-20-97 § 40), donc le logement neuf est éligible au même titre que l’ancien.
2. Installateur certifié RGE QualiPV (annuaire Qualit’ENR, vérifiable en ligne).
3. Puissance ≤ 9 kWc pour les particuliers (une extension progressive au-delà est en discussion CRE).
Hors de ce cadre, la TVA passe directement à 20 %, sans palier intermédiaire. Sortent du 5,5 % les opérations > 9 kWc, les locaux non affectés à l’habitation, la vente sans pose et l’installateur non RGE — mais pas le logement neuf, qui reste éligible. Un devis comportant une TVA à 10 % en 2026 sur une installation ≤ 9 kWc dans un logement est juridiquement contestable — il faut demander à l’installateur de la corriger.
3.4 Aides régionales et locales : l’arbitrage de l’article 13
C’est ici que la plupart des guides se trompent. L’article 13 de l’arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 interdit de cumuler le tarif d’achat avec une aide locale ou régionale qui subventionne l’installation photovoltaïque. Prendre l’aide fait perdre le bénéfice du tarif d’achat, en vente de surplus comme en vente totale. Il n’y a donc pas d’empilement possible : il y a un choix.
Restent cumulables avec le tarif d’achat les aides portant sur des postes annexes, et elles seules : études préalables, sensibilisation, R&D ; rénovation de toiture ou rénovation énergétique du bâtiment ; construction du bâtiment support ; travaux de modification des réseaux électriques du bâtiment ; instruments de régulation et de stockage ; surcoût de raccordement justifié ; et, pour les projets collectifs, l’assistance à maîtrise d’ouvrage et les coûts de gouvernance. (Source : photovoltaique.info / Hespul, « Contexte et cumul des aides ».)
Le corollaire ouvre l’autre voie : en autoconsommation totale sans injection, il n’y a pas de tarif d’achat, donc rien que l’article 13 puisse faire perdre — l’aide locale redevient mobilisable. C’est exactement pourquoi *Ma Rénov’ Bordeaux Métropole*, seul dispositif local que notre vérification ait confirmé comme finançant réellement des panneaux, exige au dossier une CACSI (convention d’autoconsommation sans injection) et une puissance d’au moins 3 kWc. Son montant n’est pas publié : nous ne lui en attribuons aucun.
| Vente du surplus | Autoconsommation totale (CACSI) | |
|---|---|---|
| Tarif d’achat | Oui | Aucun |
| Aide locale sur les panneaux | ❌ interdite (article 13) | ✅ possible si un dispositif existe |
| Aide sur poste annexe (toiture, réseaux, stockage, raccordement) | ✅ cumulable | ✅ cumulable |
| TVA réduite | ✅ | ✅ |
Sur les treize dispositifs régionaux couramment présentés comme des « bonus solaires », notre vérification n’en a confirmé aucun : sept sont introuvables sous toute source officielle, les autres financent l’isolation, le chauffage ou la rénovation globale — pas la production d’électricité. Aucun montant régional n’est donc avancé ici. Pour votre territoire, interrogez France Rénov’ par code postal, puis demandez à la collectivité le règlement écrit de l’aide : c’est lui qui dit si elle porte sur les panneaux (article 13 applicable) ou sur un poste annexe (cumul possible).
3.5 Ce que MaPrimeRénov ne finance PAS
Pour lever toute ambiguïté, la liste des équipements exclus du dispositif géré par l’Anah :
- Panneaux photovoltaïques en autoconsommation
- Panneaux photovoltaïques en vente totale
- Batteries de stockage électrique
- Bornes de recharge VE (relèvent du crédit d’impôt IRVE, distinct)
Seule la prime CRE versée par EDF OA est aujourd’hui le mécanisme national dédié au photovoltaïque résidentiel.
4. Rentabilité par puissance — le calcul ouvert
Hypothèses retenues pour les trois scénarios qui suivent :
- Irradiation France moyenne : 1 100 kWh/kWc·an (entre Paris et Centre-Val de Loire).
- Performance Ratio : 0,82 (installation neuve, orientation sud, inclinaison 30°).
- Prix électricité réseau : 0,2516 €/kWh TTC (TRV bleu EDF, arrêté du 31 janvier 2026).
- Tarif surplus EDF OA : 0,04 €/kWh ≤ 9 kWc (CRE T2 2026).
- Prime CRE versée en une fois (déduite du prix net à financer).
- Hausse annuelle moyenne du tarif réseau : +3 %/an (hypothèse prudente vs +44,6 % cumulés 2022-2026).
- Dégradation panneaux : 0,5 %/an (garantie constructeur médiane).
4.1 — 3 kWc
| Variable | Valeur |
|---|---|
| Production annuelle (1 100 × 3 × 0,82) | ~2 700 kWh |
| Taux d’autoconsommation typique | 60 - 70 % |
| Énergie autoconsommée (65 %) | 1 755 kWh |
| Énergie injectée (35 %) | 945 kWh |
| Économies réseau (1 755 × 0,2516) | 441 €/an |
| Revenu surplus (945 × 0,04) | 38 €/an |
| Total annuel récurrent | ~479 €/an |
| Prix installation médiane TTC | 6 200 € |
| Prime CRE T2 (80 €/kWc) | -240 € |
| Coût net | 5 960 € |
| ROI nominal | ~12 ans |
| ROI avec hausse 3 %/an du tarif réseau | ~10 ans |
4.2 — 6 kWc
| Variable | Valeur |
|---|---|
| Production annuelle (1 100 × 6 × 0,82) | ~5 410 kWh |
| Taux d’autoconsommation typique | 45 - 55 % |
| Énergie autoconsommée (50 %) | 2 705 kWh |
| Énergie injectée (50 %) | 2 705 kWh |
| Économies réseau (2 705 × 0,2516) | 680 €/an |
| Revenu surplus (2 705 × 0,04) | 108 €/an |
| Total annuel récurrent | ~788 €/an |
| Prix installation médiane TTC | 11 000 € |
| Prime CRE T2 (80 €/kWc) | -480 € |
| Coût net | 10 520 € |
| ROI nominal | ~13 ans |
| ROI avec hausse 3 %/an et autoconso 60 % | ~10-11 ans |
L’écart entre 50 % et 60 % d’autoconsommation représente ~135 €/an de gain supplémentaire, soit 2 ans de ROI gagnés. C’est pour cette raison que le dimensionnement, l’orientation des consommations (programmateur ECS, lave-vaisselle, recharge VE en journée) et éventuellement la batterie pèsent davantage que la prime sur la rentabilité finale.
4.3 — 9 kWc
| Variable | Valeur |
|---|---|
| Production annuelle (1 100 × 9 × 0,82) | ~8 120 kWh |
| Taux d’autoconsommation typique | 35 - 45 % |
| Énergie autoconsommée (40 %) | 3 250 kWh |
| Énergie injectée (60 %) | 4 870 kWh |
| Économies réseau (3 250 × 0,2516) | 818 €/an |
| Revenu surplus (4 870 × 0,04) | 195 €/an |
| Total annuel récurrent | ~1 013 €/an |
| Prix installation médiane TTC | 15 000 € |
| Prime CRE T2 (80 €/kWc) | -720 € |
| Coût net | 14 280 € |
| ROI nominal | ~14 ans |
| ROI avec hausse 3 %/an et autoconso 50 % (PAC + VE) | ~11-12 ans |
Le 9 kWc devient rentable à condition d’avoir des usages électriques significatifs qu’on peut piloter en journée (PAC, ballon thermodynamique, recharge VE). Sans cela, la moitié de la production part au surplus à 0,04 €/kWh et le ROI s’étire au-delà de 13 ans.
4.4 — Lecture transversale
Sur 25 ans (durée minimale de garantie de performance d’un panneau N-type 2026 — 87 à 92 % à 25 ans selon constructeur), les trois puissances dégagent des cumuls très différents :
| Puissance | Coût net | Économies cumulées 25 ans (hyp. +3 %/an) | Bénéfice net 25 ans |
|---|---|---|---|
| 3 kWc | 5 960 € | ~17 500 € | ~11 500 € |
| 6 kWc | 10 520 € | ~28 700 € | ~18 200 € |
| 9 kWc | 14 280 € | ~36 900 € | ~22 600 € |
Le 6 kWc reste le format à meilleur ratio bénéfice/risque pour un foyer 4-5 personnes — il maximise le retour absolu sans exiger d’usages atypiques en journée.
5. Trois cas concrets chiffrés
Cas 1 — Maison 100 m², 4 personnes, sans PAC ni VE (6 kWc, Lyon)
Profil : pavillon des années 1990, chauffage gaz, consommation annuelle 4 800 kWh (cuisson induction, ECS électrique, électroménager standard). Toiture orientée plein sud, pente 25°, sans masque.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Puissance installée | 6 kWc (14 panneaux 430 Wc) |
| Production annuelle (Lyon 1 290 × 6 × 0,82) | 6 350 kWh |
| Taux d’autoconsommation | 55 % (pilotage ECS journée) |
| Énergie autoconsommée | 3 490 kWh |
| Énergie injectée (surplus) | 2 860 kWh |
| Économies réseau (0,2516 €/kWh) | 878 €/an |
| Revenu surplus (0,04 €/kWh) | 114 €/an |
| Total récurrent | 992 €/an |
| Prix installation TTC | 11 500 € |
| Prime CRE T2 | -480 € |
| Coût net | 11 020 € |
| ROI | ~11 ans |
Cas 2 — Studio 50 m², propriétaire occupant, ECS électrique (3 kWc, Nantes)
Profil : maison de ville, 1 personne, consommation 2 900 kWh/an. Toiture sud-est, pente 35°, ombrage léger en fin de journée par cheminée voisine.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Puissance installée | 3 kWc (7 panneaux 430 Wc) |
| Production annuelle (Nantes 1 180 × 3 × 0,82) | 2 900 kWh |
| Taux d’autoconsommation | 70 % (consommation alignée production) |
| Énergie autoconsommée | 2 030 kWh |
| Énergie injectée (surplus) | 870 kWh |
| Économies réseau | 511 €/an |
| Revenu surplus | 35 €/an |
| Total récurrent | 546 €/an |
| Prix installation TTC | 6 800 € |
| Prime CRE T2 | -240 € |
| Coût net | 6 560 € |
| ROI | ~12 ans |
Le 3 kWc parfaitement dimensionné, ici, atteint 100 % d’adéquation production/consommation et compense quasiment toute la facture EDF annuelle (hors abonnement 6 kVA, soit ~174 €/an).
Cas 3 — Maison 150 m² avec piscine et VE (9 kWc, Toulouse)
Profil : pavillon récent, PAC air/eau, piscine 8 × 4 m avec PAC dédiée, véhicule électrique 60 kWh rechargé à domicile. Consommation totale 11 200 kWh/an. Toiture sud, 30°, pas de masque.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Puissance installée | 9 kWc (21 panneaux 430 Wc) |
| Production annuelle (Toulouse 1 350 × 9 × 0,82) | 9 960 kWh |
| Taux d’autoconsommation | 50 % (pilotage PAC piscine + VE journée) |
| Énergie autoconsommée | 4 980 kWh |
| Énergie injectée | 4 980 kWh |
| Économies réseau | 1 253 €/an |
| Revenu surplus | 199 €/an |
| Total récurrent | 1 452 €/an |
| Prix installation TTC | 15 500 € |
| Prime CRE T2 | -720 € |
| Coût net | 14 780 € |
| ROI | ~10 ans |
C’est dans ce profil de consommation que le 9 kWc retrouve un ROI compétitif : la PAC piscine et le VE absorbent une grande part de la production en journée, ramenant le ratio de surplus à 50 %.
6. Questions fréquentes
Combien coûte exactement une installation de 6 kWc en 2026 ?
Entre 9 000 € et 13 000 € TTC en France métropolitaine, hors zones contraintes (sources : ADEME baromètre 2025, FFB Solaire France T1 2026). La médiane observée tourne à 11 000 € TTC pour 14 panneaux 430 Wc avec onduleur string, structure surimposée et installateur RGE QualiPV. Au-delà de 14 500 € TTC, il est utile de demander un second devis ; en deçà de 8 000 € TTC, le contrôle des références matériel et de l’assurance décennale s’impose.
Quelle est la différence entre 80 €/kWc et l’ancienne prime sur 5 ans ?
L’ancienne prime (2018-2023) atteignait 370 à 380 €/kWc cumulés, mais versés en cinq tranches annuelles via EDF OA. Le nouveau cadre CRE T2 2026 abaisse le montant à 80 €/kWc pour les ≤ 9 kWc, mais le verse en une seule fois dans les 90 jours suivant la mise en service. Le coût net à l’investissement est aujourd’hui moins subventionné qu’en 2022 — c’est la baisse du prix marché (-32 % sur les modules entre 2022 et 2025, ADEME) qui prend le relais.
Le surplus est-il vraiment à 0,04 €/kWh ?
Oui — pour les installations ≤ 9 kWc en autoconsommation avec vente du surplus, le tarif est fixé à 0,04 €/kWh sur un contrat EDF OA de 20 ans (délibération CRE-2026-T2). Sur la tranche 9-100 kWc, il monte à 0,0473 €/kWh. Toute mention d’un tarif à 0,13 €, 0,1339 € ou 0,18 €/kWh sur du résidentiel autoconso renvoie à un cadre tarifaire d’avant 2024 — il n’est plus en vigueur.
Quelle TVA s’applique en 2026 ?
5,5 % sur l’ensemble matériel + main-d’œuvre, pour un logement — neuf ou ancien, l’ancienneté est sans incidence —, posé par un installateur RGE QualiPV, et une puissance ≤ 9 kWc (CGI art. 278-0 bis P ; BOI-TVA-LIQ-30-20-97 § 40). En dehors de ce périmètre on passe directement à 20 %, sans palier : au-delà de 9 kWc, sur un local non affecté à l’habitation, en vente sans pose ou avec un installateur non RGE.
MaPrimeRénov finance-t-elle les panneaux solaires ?
Non. MaPrimeRénov finance la PAC, le solaire thermique (chauffe-eau solaire individuel), l’isolation, la VMC double flux, mais pas le photovoltaïque en autoconsommation, ni en vente totale, ni les batteries de stockage (Service-Public.fr fiche F35580, Anah 2026). Seule la prime CRE versée par EDF OA est le mécanisme national dédié au PV résidentiel.
Faut-il une batterie pour rentabiliser son installation ?
Pas en 2026. Une batterie LFP 5-10 kWh ajoute 4 000 - 8 000 € au devis et permet de monter le taux d’autoconsommation de 50 % à 70-80 %. Mais l’écart de revenus annuels (50 € à 150 €/an selon profil) place le ROI batterie autour de 15-20 ans sur un cycle de vie de 10-15 ans. La batterie devient pertinente pour la résilience (continuité en cas de coupure réseau) ou si le foyer dispose d’usages nocturnes très significatifs.
Combien de temps faut-il pour amortir un 6 kWc ?
10 à 13 ans pour un foyer 4-5 personnes en France métropolitaine, selon irradiation locale, taux d’autoconsommation et prix du devis (sources : ADEME rapport « Énergies renouvelables 2025 »). Avec une hausse moyenne de 3 %/an du tarif réseau (vs +44,6 % cumulés observés sur 2022-2026), l’amortissement se rapproche de 10 ans pour les zones AURA, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et PACA.
Quel délai prévoir entre la signature du devis et la mise en service ?
8 à 14 semaines en moyenne pour une installation ≤ 6 kVA avec injection de surplus (Enedis service raccordement, données mars 2026). Le délai augmente avec la puissance : 10-16 semaines sur 6-9 kVA, 14-20 semaines sur 9-36 kVA. Les délais constatés sont en hausse de ~15 % par rapport à 2024, du fait de la file d’attente sur le raccordement basse tension.
7. Comment choisir, concrètement ?
Quatre variables décident du ROI : irradiation locale, taux d’autoconsommation, prix du devis, prix du kWh réseau. Le reste, c’est du commentaire. Trois recommandations issues des cas observés :
1. Aligner la puissance sur la consommation, pas sur la surface de toit. Surdimensionner pour vendre plus de surplus, à 0,04 €/kWh, est une mauvaise stratégie pour la quasi-totalité des profils résidentiels.
2. Vérifier la TVA 5,5 % sur le devis et le RGE QualiPV sur l’annuaire Qualit’ENR. Un devis à TVA 10 % sur une installation ≤ 9 kWc en 2026 doit être renégocié.
3. Demander la décomposition matériel/MO/marge. Une marge dépassant 25 % du HT total mérite explication ; en deçà de 12 %, les marges sont peut-être trop serrées pour garantir un SAV durable.
Le simulateur Watoo prend en entrée la consommation réelle (facture EDF), la toiture (vue satellite IGN BD ORTHO HR + LiDAR HD) et le profil de vie pour calculer le dimensionnement optimal avec les chiffres canoniques 2026. Pour aller plus loin, voir aussi : Prix d’une installation solaire, Aides au solaire 2026, Autoconsommation solaire, Choisir un onduleur solaire, Installateurs RGE QualiPV.
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Sources externes citées dans cet article : délibération CRE-2026-T2 du 28 mars 2026 ; arrêté tarifs réglementés de vente du 31 janvier 2026 ; Code général des impôts art. 278-0 bis P (modifié par LF 2025) ; ADEME baromètre énergies renouvelables 2025 ; FFB Solaire France, relevés T1 2026 ; syndicat ENERPLAN ; PVGIS (Commission européenne JRC, TMY 2005-2020) ; Enedis service raccordement, données mars 2026 ; Service-Public.fr fiche F35580 ; Anah 2026 ; Qualit’ENR (annuaire RGE QualiPV) ; INES (Institut National de l’Énergie Solaire).
À propos de l’auteur : Bureau d’étude Watoo — Ingénieurs énergie certifiés QualiPV. Plus d’informations sur watoo.fr/a-propos.


