Fiscalité photovoltaïque 2026 : le guide complet (impôts, TVA, IFER, CFE)
Vente de surplus, surimposition, taux de TVA, IFER au-delà de 100 kWc, CFE pour les pros : la fiscalité du photovoltaïque est souvent mal comprise et peut surprendre si elle n’est pas anticipée. Ce guide fait le point sur toutes les règles en vigueur en 2026 pour les particuliers, les entreprises et les exploitants agricoles.

Par
Rédaction Watoo
En bref —
6 points clésParticuliers : la revente de surplus est exonérée d’impôt jusqu’à 3 000 €/an (art. 35 ter CGI). Entre 3 000 et 72 600 € : micro-BIC avec abattement 71 %. Au-delà : BIC réel.
La surimposition est souvent surestimée : en micro-BIC tranche 41 %, l’impact effectif est au maximum 11,9 % du revenu brut solaire.
TVA 5,5 % depuis octobre 2025 pour toute opération ≤ 9 kWc — logement neuf compris — avec modules conformes à l’arrêté du 08/09/2025 et poseur qualifié ; 20 % sinon, sans palier à 10 %.
La prime à l’autoconsommation n’est pas imposable pour les particuliers.
Au-delà de 100 kWc : IFER applicable (~3–9 €/kW selon l’année). CFE dès immatriculation micro-entrepreneur.
Entreprises : amortissement sur 5–25 ans + déduction immédiate possible pour PME (LF 2024).
Démo par commune : PVGIS-5 (Commission Européenne), production moyenne sur 8760 heures/an à votre code postal. Pour votre vrai toit en LiDAR HD IGN, ajoutez votre adresse (sans CB).
- ↻Tournez la 3D avec la souris (ou le doigt sur mobile)
- +Cliquez le toit pour poser un panneau
- ×Clic droit sur un panneau pour le supprimer
Gratuit · sans engagement
Faites-le sur votre vrai toit
Posez vos panneaux sur votre toiture réelle : calepinage 3D, ombrage, production, devis. Email seul + géolocalisation, c’est tout.
- Toit reconstruit en LiDAR HD (IGN)
- Pose de panneaux drag & drop
- Rapport PDF en 1 minute
Vous êtes un professionnel ?
Le SaaS pro tout-en-un, multi-adresses
Simulation 3D · technique · supply chain · matériel · planning · CRM · marketing · compta · RH. Travaillez sur autant d’adresses que vous voulez.
par utilisateur · essai gratuit · sans engagement
Sous-traitant QualiPV ou RGE ? Répondez aux annonces de projets — rapport technique inclus et modifiable.
Découvrir le SaaS pro30 jours gratuit · sans CB
Chapitre 01 · Watoo
Le solaire est-il imposable ? Réponse claire
a question revient systématiquement lors des études de faisabilité : les revenus tirés des panneaux solaires sont-ils soumis à l’impôt sur le revenu ? La réponse dépend du montant annuel perçu et de votre statut (particulier ou professionnel). Pour l’immense majorité des installations résidentielles françaises, la réponse est non — ou très peu.
Pour un particulier en autoconsommation avec vente de surplus, le Code général des impôts (CGI) prévoit une exonération totale jusqu’à un certain seuil annuel. Ce n’est qu’au-delà de ce seuil que les revenus photovoltaïques deviennent imposables au titre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Cette règle est fixée par l’article 35 ter du CGI, introduit par la loi de finances 2011 et révisé depuis.
La prime à l’autoconsommation est exonérée d’impôt
La prime à l’autoconsommation versée par EDF OA n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu, ni aux cotisations sociales pour les particuliers. Elle est considérée comme une aide à l’investissement, non comme un revenu courant. En 2026 T2 : supprimée pour toutes les tranches de puissance.
En autoconsommation avec vente de surplus, une installation de 9 kWc orientée plein sud injecte au plus 40 à 45 % de sa production dans le réseau — soit environ 3 960 à 4 455 kWh/an. Au tarif de 0,011 €/kWh (surplus ≤ 9 kWc), les revenus bruts ne dépassent pas 160–180 €/an. L’imposition est donc nulle dans la quasi-totalité des cas résidentiels.
Chapitre 02 · Watoo
Revente du surplus et impôts : ce que dit la loi
orsqu’un particulier vend son surplus d’électricité à EDF OA (ou à un acheteur alternatif), il perçoit un tarif de rachat fixé par arrêté ministériel. Au T3 2026, ce tarif de rachat du surplus est de 0,011 €/kWh pour les installations ≤ 9 kWc et 0,011 €/kWh pour 9–100 kWc. En vente totale, les tarifs sont plus élevés mais réservés aux installations ≥ 9 kWc.
L’article 35 ter du Code général des impôts prévoit une exonération d’impôt sur le revenu pour les personnes physiques dont les revenus annuels de cession d’électricité solaire n’excèdent pas 3 000 €. Ce seuil est apprécié par foyer fiscal, toutes installations confondues. Il couvre la quasi-totalité des installations résidentielles, y compris les projets d’injection partielle de grande taille.
| Puissance installée | Surplus annuel estimé | Revenus revente bruts | Imposable ? |
|---|---|---|---|
| 3 kWc (autoconso 70 %) | ~990 kWh | ~40 € | Non (< 3 000 €) |
| 6 kWc (autoconso 60 %) | ~2 640 kWh | ~106 € | |
| 9 kWc (autoconso 55 %) | ~4 455 kWh | ~178 € | |
| 9 kWc (injection totale) | ~9 900 kWh | ~396 € | |
| 36 kWc (injection totale) | ~39 600 kWh | ~1 873 € | |
| 80 kWc (injection totale) | ~88 000 kWh | ~4 163 € | Oui (> 3 000 €) |
| 100 kWc (injection totale) | ~110 000 kWh | ~5 203 € | Oui — micro-BIC ou BIC réel |
Estimations basées sur 1 100 kWh/kWc/an (zone centre France). Tarif surplus : 0,011 €/kWh pour ≤ 9 kWc, 0,011 €/kWh pour > 9 kWc. Source : arrêtés CRE T3 2026.
Injection totale : attention au dépassement du seuil
En injection totale (100 % de la production revendue), les revenus peuvent dépasser 3 000 € dès ~75 kWc environ. Au-delà, il faut déclarer un BIC — ce qui nécessite généralement la création d’une micro-entreprise ou d’une structure dédiée, avec les cotisations sociales URSSAF correspondantes.
Chapitre 03 · Watoo
Les seuils d’exonération et régimes BIC : tableau complet
a fiscalité photovoltaïque distingue plusieurs régimes selon le montant des revenus annuels et la nature de l’activité. Le seuil du micro-BIC vente de marchandises est de 72 600 € en 2026 (révisable selon l’indice des prix). L’abattement forfaitaire est de 71 %, laissant 29 % de base imposable — soit un taux effectif d’imposition très réduit même pour les installations les plus productives.
| Revenus annuels de cession | Régime fiscal | Cotisations sociales | Déclaration |
|---|---|---|---|
| ≤ 305 € | Exonéré (seuil minimum CGI) | Aucune | |
| 305 € – 3 000 € | Exonéré (art. 35 ter CGI) | Aucune | |
| 3 001 € – 72 600 € | BIC micro-entreprise (abattement 71 %) | Oui — 12,3 % URSSAF | Déclaration 2042 C PRO |
| > 72 600 € | BIC réel simplifié ou BIC réel normal | Liasse fiscale 2031 | |
| Entreprise (IS ou IR pro) | Résultat comptable imposé | Liasse fiscale + DSN |
Seuils fiscaux 2026 — régimes BIC applicables aux producteurs d’électricité photovoltaïque. Sources : Légifrance, BOFIP, URSSAF.
Pour un particulier dont les revenus de cession dépassent 3 000 €, la déclaration en micro-BIC est la voie la plus simple. Le taux d’abattement pour frais est de 71 % (activité de vente de biens), ce qui signifie que seuls 29 % des revenus sont imposés au taux marginal du foyer fiscal. La note de bas de tableau est importante : le seuil de 305 €/an (plancher de l’art. 50-0 CGI) crée une tolérance administrative supplémentaire pour les très petits producteurs.
Exemple concret en micro-BIC tranche 30 %
Vous percevez 5 000 € de surplus vendus en 2026. Après abattement de 71 %, 1 450 € s’ajoutent à vos revenus imposables. Si votre taux marginal est de 30 %, l’impôt réel sur vos revenus solaires est de 435 €, soit 8,7 % du montant brut. En tranche à 41 % : 594 € d’impôt, soit 11,9 % — la surimposition reste très supportable.
CSG/CRDS et cotisations sociales
Les revenus BIC issus de la vente d’électricité solaire sont soumis aux cotisations sociales URSSAF dès dépassement du seuil de 3 000 €. En régime micro-entrepreneur, le taux applicable est de 12,3 % du chiffre d’affaires brut (activité de vente). Attention : la CSG/CRDS de 17,2 % n’est pas due sur les revenus exonérés (< 3 000 €). Elle s’applique uniquement à la base BIC imposable, c’est-à-dire aux revenus qui dépassent le seuil d’exonération de l’art. 35 ter.
Chapitre 04 · Watoo
La surimposition expliquée : mécanisme et chiffres réels
a « surimposition » est le terme employé pour décrire l’effet des revenus solaires sur le taux marginal d’imposition d’un foyer fiscal. En ajoutant des revenus BIC au revenu global, on peut potentiellement « franchir » une tranche d’imposition plus élevée, ce qui amplifie légèrement l’impôt total. Ce phénomène est réel mais son impact est systématiquement surestimé par les opposants à l’investissement solaire.
L’impôt sur le revenu français est progressif par tranches : seule la partie du revenu qui dépasse le seuil d’une tranche est taxée au taux de cette tranche. Franchir la tranche des 30 % n’entraîne pas une imposition à 30 % de l’ensemble de vos revenus, seulement de la fraction qui excède le seuil. Le barème 2026 comporte cinq tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %.
Mécanisme du prélèvement à la source pour les revenus solaires
Avec le prélèvement à la source (PAS), les revenus BIC micro-entreprise sont déclarés annuellement mais donnent lieu à un acompte trimestriel ou mensuel versé à la DGFIP. Le taux de cet acompte est calculé d’après la déclaration de l’année précédente. En début d’activité micro-entreprise, aucun acompte n’est exigé la première année ; la régularisation se fait lors de la déclaration d’impôt N+1.
Exemple chiffré de surimposition — 3 scénarios
Scénario A — Foyer avec 30 000 € de revenus nets imposables (tranche 11 %) percevant 5 000 € de surplus solaires. Base BIC micro : 5 000 × 29 % = 1 450 €. Impôt supplémentaire : 1 450 × 11 % = 159,50 €. Taux effectif sur le surplus brut : 3,2 %.
Scénario B — Foyer avec 55 000 € de revenus nets imposables (tranche 30 %) percevant 5 000 € de surplus solaires. Base BIC : 1 450 €. Impôt : 435 €. Taux effectif : 8,7 %.
Scénario C — Foyer avec 80 000 € (tranche 41 %) percevant 5 000 € de surplus. Impôt : 1 450 × 41 % = 594,50 €. Taux effectif : 11,9 % — jamais de quoi remettre en cause la rentabilité.
La surimposition ne change pas le verdict de rentabilité
Même dans la tranche à 45 %, la surimposition en micro-BIC représente au maximum 13,05 % du surplus brut vendu. L’économie sur facture d’électricité (autoconsommation) n’est, elle, soumise à aucun impôt. La rentabilité globale d’une installation bien dimensionnée n’est jamais remise en cause par cet effet fiscal.
Chapitre 05 · Watoo
TVA selon la puissance et l’origine des panneaux
e taux de TVA applicable à une installation photovoltaïque dépend de trois choses, et de trois seulement : la puissance de l’opération, la conformité des modules à l’arrêté du 08/09/2025, et la qualification du poseur (CGI art. 278-0 bis P). Deux critères souvent cités n’en font PAS partie : l’ancienneté du logement — le neuf et le logement en construction sont éligibles, « quelle que soit l’ancienneté de ces locaux » (BOI-TVA-LIQ-30-20-97 § 40) — et l’origine géographique des panneaux, qui n’apparaît dans aucun texte. Enfin, il n’existe plus de taux intermédiaire de repli : depuis la publication ACTU-2025-00165 du 22/10/2025, le photovoltaïque relève « du seul dispositif de taux réduit de 5,5 % », et une opération non éligible bascule directement à 20 %.
| Situation | Taux TVA | Conditions clés |
|---|---|---|
| Opération ≤ 9 kWc en logement, modules attestés conformes, poseur qualifié | 5,5 % | Les trois conditions sont cumulatives — CGI art. 278-0 bis P. |
| Logement NEUF ou en construction, opération ≤ 9 kWc | 5,5 % | Aucune condition d’ancienneté — BOI-TVA-LIQ-30-20-97 § 40. |
| Opération > 9 kWc | 20 % | Le seuil s’apprécie PAR OPÉRATION (BOI-TVA-LIQ-30-20-97 § 10). |
| Modules sans attestation de conformité à l’arrêté du 08/09/2025 | 20 % | Passage direct au taux normal, sans palier intermédiaire. |
| Poseur sans qualification professionnelle en cours de validité | 20 % | Condition introduite par la loi de finances 2026. |
| Local non affecté (ni destiné à être affecté) à l’habitation | 20 % | Usage professionnel — TVA récupérable pour l’assujetti. |
| Devis daté et acompte versé avant le 01/01/2026 | 10 % | Tolérance transitoire uniquement — exécution en 2026 sans incidence. |
Taux de TVA applicables aux installations photovoltaïques en France au 19/08/2026. Sources : CGI art. 278-0 bis P (LF 2025 art. 42 ; LF 2026 art. 94), arrêté du 08/09/2025 NOR ECOR2524069A, BOI-TVA-LIQ-30-20-97 du 10/06/2026, BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20 § 260 et publication ACTU-2025-00165 du 22/10/2025. ⚠️ Ordonnance n° 2025-1247 du 17/12/2025 : la TVA est transférée du CGI vers le CIBS au 01/09/2026, les références d’articles seront à remapper.
Le seuil de 3 kWc, qu’on lit encore partout, n’a jamais été un seuil de TAUX : c’était un seuil d’ASSUJETTISSEMENT du producteur (RES N° 2007/50). Depuis octobre 2025, le seul seuil pertinent est 9 kWc, et il s’apprécie PAR OPÉRATION, non par foyer ni par point de livraison cumulé. Quant à l’origine des panneaux : l’arrêté du 08/09/2025 ne fixe pas de provenance mais quatre seuils mesurés — bilan carbone inférieur à 530 kgCO2eq/kWc, argent sous 14 mg/W, plomb sous 0,1 %, cadmium sous 0,01 % — attestés par un organisme accrédité EN ISO 17065. Un module asiatique conforme ouvre droit au taux réduit ; un module européen non attesté n’y ouvre pas droit.
Le seuil est apprécié par point de livraison (PDL) Enedis. En autoconsommation collective, chaque appartement ou logement constitue un PDL distinct. Le taux de TVA applicable à chaque installation est donc déterminé séparément, ce qui peut permettre à plusieurs appartements d’un immeuble de bénéficier du taux de 5,5 % si chaque installation individuelle est ≤ 9 kWc.
Réclamez l’attestation de conformité, pas un certificat d’origine
La conformité des modules aux seuils de l’arrêté du 08/09/2025 doit être établie par une attestation délivrée par un organisme accrédité EN ISO 17065, pour la référence exacte posée sur votre toit. Certains installateurs facturent à 5,5 % sans détenir cette pièce, parfois en invoquant une prétendue « origine UE » qui ne prouve rien. La responsabilité première est celle de l’installateur, mais un redressement peut vous atteindre. Exigez le document et conservez-le avec la facture.
TVA sur la taxe d’aménagement et les déclarations de travaux
La taxe d’aménagement (TA) s’applique en principe aux travaux soumis à permis de construire ou déclaration préalable. Pour les panneaux en surimposition (non intégrés, posés sur la toiture existante), l’exonération de TA est fréquente car ils ne créent pas de nouvelle surface de plancher. L’instruction des dossiers varie selon les communes ; renseignez-vous auprès du service urbanisme avant le dépôt du dossier.
Chapitre 06 · Watoo
IFER et CFE : les impôts locaux pour les grandes installations
u-delà d’une certaine puissance, deux impôts professionnels entrent en jeu : l’IFER (Impôt Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux) et la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). Ces deux taxes sont souvent ignorées lors de la planification des projets de grande taille, alors qu’elles peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.
L’IFER : applicable dès 100 kWc
L’IFER sur les installations utilisant de l’énergie mécanique du vent ou de l’énergie radiative du soleil (art. 1519 F CGI) s’applique à toutes les centrales solaires dont la puissance installée dépasse 100 kWc. Le tarif est fixé annuellement par la loi de finances ; il s’applique sur la totalité de la puissance installée, pas seulement sur la tranche excédant 100 kWc.
| Puissance installée | IFER applicable ? | Tarif indicatif 2026 (€/kW) | Montant annuel estimé |
|---|---|---|---|
| < 100 kWc | — | — | |
| 100 kWc | Oui — seuil plancher | ~3,20 €/kW | ~320 €/an |
| 250 kWc | ~3,20 €/kW | ~800 €/an | |
| 500 kWc | ~3,20 €/kW | ~1 600 €/an | |
| 1 MWc | ~3,20 €/kW | ~3 200 €/an | |
| > 1 MWc (AOS CRE) | ~3,20 €/kW | Calculé sur toute la puissance |
Tarif IFER 2026 : ~3,20 €/kW (art. 1519 F CGI révisé LF 2026). Ce tarif évolue chaque année avec l’indice des prix. Source : Légifrance / DGFiP.
La CFE : cotisation foncière des entreprises
La CFE est un impôt local dû par toute entreprise ou personne physique exerçant une activité professionnelle non salariée. Elle s’applique aux micro-entrepreneurs producteurs d’électricité photovoltaïque dès immatriculation à l’URSSAF. Le montant est fixé par la commune d’implantation selon la valeur locative des locaux utilisés. Pour un micro-entrepreneur sans local dédié, la base est la cotisation minimum communale, souvent entre 200 et 2 000 € selon la commune. Les exonérations temporaires (3 ans en zone AFR, 2 ans en création d’entreprise) peuvent s’appliquer.
La CET : contribution économique territoriale
La CET regroupe la CFE et la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). La CVAE n’est due que pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 € HT et est en cours de suppression progressive depuis 2023. Pour les producteurs photovoltaïques, seule la CFE est donc pertinente dans la quasi-totalité des cas.
Exonération de taxe foncière via la loi DDADUE 2022
Depuis la loi DDADUE du 16 août 2022 (art. L2333-91 CGCT), les panneaux solaires en toiture intégrée ou en surimposition sur résidence principale peuvent bénéficier d’une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) temporaire, accordée par les communes et intercommunalités qui l’ont délibéré. La durée maximale est de 3 ans. Renseignez-vous auprès de votre service des impôts fonciers (SIF).

Chapitre 07 · Watoo
Fiscalité solaire pour les entreprises et les agriculteurs
es règles fiscales sont sensiblement différentes pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) ou à l’impôt sur le revenu au titre des bénéfices professionnels. Pour les exploitants agricoles (bénéfices agricoles, BA), un régime spécifique s’applique à l’agrivoltaïsme depuis la loi d’accélération des énergies renouvelables de mars 2023.
Amortissement et déduction fiscale immédiate pour PME
L’installation photovoltaïque est inscrite à l’actif du bilan de l’entreprise et amortie sur sa durée d’utilisation. Le plan comptable général distingue : panneaux photovoltaïques (durée d’amortissement : 20–25 ans), onduleur (5–10 ans), structure de fixation (20 ans) et câblage/comptage (10–15 ans). L’amortissement dégressif (coefficient 1,25 à 2,25 selon la durée) améliore la trésorerie fiscale les premières années.
Depuis la loi de finances 2024, les PME (chiffre d’affaires < 50 M€, bilan < 43 M€, < 250 salariés) peuvent déduire immédiatement de leur résultat les investissements en énergies renouvelables jusqu’à 500 000 € HT par exercice fiscal. Cette mesure améliore le ROI fiscal des premières années et doit être demandée explicitement dans la liasse fiscale.
Agrivoltaïsme : régime des bénéfices agricoles
Pour les exploitants agricoles soumis au régime des bénéfices agricoles (BA), les revenus tirés de la vente d’électricité produite par une installation agrivoltaïque (panneaux au-dessus des cultures, surfaces maintenues productives à ≥ 90 % de l’historique) sont intégrés dans les revenus agricoles et non dans les BIC. Cette distinction est avantageuse car le régime BA offre des règles de déduction et d’amortissement spécifiques aux exploitations agricoles.
Recettes d’électricité vendue et TVA pour les entreprises
Les recettes tirées de la vente d’électricité sont comptabilisées comme des produits d’exploitation, soumis à l’IS ou à l’IR professionnel selon le statut juridique. La TVA collectée sur ces ventes (20 %) est récupérable, sous réserve que l’entreprise soit assujettie à la TVA. L’électricité autoconsommée directement réduit la facture énergétique de l’entreprise, ce qui améliore le résultat d’exploitation sans formalité fiscale particulière.
Micro-entreprise solaire : à éviter sauf cas très précis
Créer une micro-entreprise pour vendre son surplus solaire est une démarche lourde (URSSAF, CFE, déclarations) pour un gain fiscal limité par rapport à l’exonération art. 35 ter. Elle ne se justifie qu’au-delà de 3 000 €/an de revenus de cession, ce qui correspond à des puissances importantes (> 80 kWc en injection totale ou > 300 kWc en autoconso). Pour les particuliers résidentiels, ne créez pas de micro-entreprise pour votre installation solaire.
Chapitre 08 · Watoo
La déclaration fiscale : démarches concrètes selon votre situation
oici les démarches concrètes selon votre situation. Dans la grande majorité des cas résidentiels, aucune démarche fiscale spécifique n’est requise.
Cas 1 : revenus de cession inférieurs à 3 000 € (particulier)
- Aucune déclaration fiscale supplémentaire requise.
- La prime à l’autoconsommation ne doit pas être déclarée.
- Les attestations EDF OA de paiement sont à conserver 6 ans pour un contrôle éventuel.
- Aucune cotisation sociale URSSAF n’est due.
Cas 2 : revenus de cession entre 3 000 € et 72 600 € (particulier — micro-BIC)
- Immatriculation en tant que micro-entrepreneur (SIRET) auprès de l’URSSAF sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
- Déclaration du chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel sur le portail URSSAF.
- Report sur la déclaration 2042 C PRO, case « BIC micro-entreprise vente de marchandises ».
- Cotisations sociales : 12,3 % du chiffre d’affaires brut (régime micro-social simplifié).
- Déclaration DECLOYER si votre activité constitue une centrale de plus de 100 kWc.
Cas 3 : entreprise (IS ou IR professionnel)
- Inscription de l’installation à l’actif du bilan (immobilisations corporelles, compte 2135).
- Plan d’amortissement à définir avec votre expert-comptable (linéaire ou dégressif).
- TVA collectée sur les ventes d’électricité à déclarer via CA3 mensuelle ou CA12 annuelle.
- Recettes d’électricité à comptabiliser en produits d’exploitation (compte 70).
- Déclaration IFER si puissance > 100 kWc (formulaire 1520-PV-SD).
Calendrier déclaratif micro-entrepreneur
Pour les revenus BIC micro-entreprise, la déclaration se fait lors de la campagne d’impôt sur le revenu annuelle (avril-juin). Les cotisations sociales URSSAF sont dues mensuellement ou trimestriellement selon votre choix à l’immatriculation. La première déclaration URSSAF intervient le mois ou trimestre qui suit le démarrage de l’activité.
Chapitre 09 · Watoo
Agrivoltaïsme et cas particuliers fiscaux
’agrivoltaïsme connaît un essor important depuis la loi d’accélération des énergies renouvelables (APER) du 10 mars 2023. Les installations agrivoltaïques (panneaux combinant production agricole et production électrique sur la même emprise) bénéficient d’un cadre fiscal spécifique qui les distingue des centrales au sol classiques.
Définition réglementaire de l’installation agrivoltaïque
Une installation est reconnue comme agrivoltaïque si : la production agricole principale est maintenue (au moins 90 % du revenu brut agricole historique), si les panneaux n’empêchent pas l’accès aux machines agricoles, et si leur présence apporte un service prouvé aux cultures (ombrage, protection grêle, gestion hydrique). La loi APER fixe une puissance maximale par hectare selon le type de culture.
Régime fiscal dérogatoire pour l’agrivoltaïsme
Lorsque les conditions de la loi APER sont réunies, les revenus de la vente d’électricité sont rattachés aux bénéfices agricoles (BA) et non aux BIC. L’avantage principal : les exploitants agricoles au réel peuvent déduire les charges d’exploitation et les amortissements selon les règles spécifiques au régime BA, souvent plus favorables que le régime BIC pour les revenus mixtes.
Centrale au sol non agrivoltaïque : régime foncier
Une centrale au sol classique (sur terrain nu sans activité agricole associée) génère des revenus fonciers pour le propriétaire du terrain (loyers versés par l’exploitant de la centrale) et des BIC pour l’exploitant. Le propriétaire du terrain déclare ces loyers en revenus fonciers, imposés au taux marginal plus CSG/CRDS (17,2 %). L’exploitant est soumis à l’IS ou à l’IR BIC selon son statut juridique.
Exonération temporaire de taxe foncière pour les centrales au sol
Certaines communes exonèrent temporairement (2 à 5 ans) les terrains supportant des centrales solaires au sol de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB). Cette exonération est facultative et doit être délibérée par le conseil municipal. Vérifiez le statut de votre commune auprès de votre centre des impôts.
Chapitre 10 · Watoo
Conseils pratiques pour optimiser sa fiscalité solaire
uelques recommandations pour aborder sereinement la dimension fiscale de votre projet photovoltaïque, qu’il soit résidentiel ou professionnel.
1. Ne créez pas de micro-entreprise inutilement
Pour une installation résidentielle classique en autoconsommation avec vente de surplus (< 9 kWc, taux d’autoconso 50–70 %), les revenus annuels de cession restent très inférieurs à 3 000 €. L’immatriculation micro-entrepreneur n’est ni utile ni souhaitable : elle crée des obligations déclaratives pour un gain nul.
2. Conservez vos documents fiscaux 6 ans minimum
La facture de l’installateur (avec le taux de TVA appliqué et le justificatif d’origine des panneaux), les attestations EDF OA, le contrat Enedis et les relevés de compteur de production doivent être conservés 6 ans. Un contrôle fiscal peut intervenir pendant ce délai et remettre en cause le taux de TVA si les conditions n’étaient pas réunies.
3. Pour les entreprises : ne négligez pas l’IFER au-delà de 100 kWc
L’IFER est souvent omis dans les études de rentabilité des projets tertiaires ou industriels de 100 à 500 kWc. Sur un projet de 250 kWc, l’IFER représente environ 800 €/an sur toute la durée de l’exploitation — soit 20 000 € sur 25 ans. Ce montant doit être intégré dans le calcul du LCOE (coût actualisé de l’énergie).
4. Articulez votre fiscalité solaire avec votre comptable
Pour les entreprises, la décision entre amortissement linéaire classique sur 20–25 ans et déduction immédiate (LF 2024) dépend de la situation fiscale de l’exercice en cours. Un exercice déficitaire ne bénéficie pas de la déduction immédiate. La stratégie doit être définie avec votre expert-comptable avant la réception des travaux.
Le simulateur Watoo intègre la fiscalité réelle
Notre simulateur calcule automatiquement le surplus vendu, les revenus bruts de cession, l’application du seuil 3 000 €, la surimposition estimée selon votre tranche et la rentabilité nette après impôts. Il ne se substitue pas à un conseil fiscal professionnel, mais donne une base fiable pour vos décisions.
✦Fiscalité solaire : comparatif particulier vs entreprise (12 critères)
| Critère | Particulier (< 3 000 €) | Particulier micro-BIC (> 3 000 €) | Entreprise (IS) | Agriculteur BA |
|---|---|---|---|---|
| Prime autoconsommation | Exonérée | Exonérée | Imposable — produit exceptionnel | Exonérée (revenu agricole) |
| Revenus surplus | Exonérés (art. 35 ter CGI) | BIC micro — abattement 71 % | Produit d’exploitation — IS | BA — déduction charges réelles |
| TVA installation | 5,5 % (opération ≤ 9 kWc éligible) ou 20 % | Identique | 20 % — récupérable | 20 % — récupérable |
| TVA sur ventes électricité | Non assujetti | Micro : non assujetti < 91 900 € | 20 % collectée + déductible | 20 % collectée + déductible |
| Amortissement installation | Non applicable | Non applicable | Déductible 5–25 ans (dégressif) | Déductible selon règles BA |
| Cotisations sociales | Aucune | 12,3 % du CA brut (URSSAF) | Charges patronales habituelles | MSA selon régime |
| IFER | Non (< 100 kWc) | Non (< 100 kWc) | Oui si > 100 kWc (~3,20 €/kW) | Oui si > 100 kWc |
| CFE | Oui — cotisation minimum | Oui si activité non agricole | ||
| Taxe foncière majorée | Non (surimposition) | TFPNB possible en exonération | ||
| Démarche administrative | Aucune | SIRET + déclarations URSSAF | Expert-comptable + liasse | Comptable agricole + MSA |
| Déduction immédiate LF 2024 | Non applicable | Non applicable | Oui (PME < 50 M€ CA) | Non applicable |
| Régime imposition cession totale | Art. 35 ter si < 3 000 € | Micro-BIC au-delà | IS sur tout le CA | BA intégré |
Questions courantes
Tout ce que vous vous demandez
Non. La prime à l’autoconsommation versée par EDF OA n’est pas imposable pour les particuliers. Elle est assimilée à une aide à l’investissement et n’entre pas dans le calcul du revenu imposable. Elle a de toute façon disparu : le décret du 01/06/2026 l’a supprimée à compter du 05/06/2026. Vous n’avez aucune démarche fiscale à effectuer pour cette prime.
Glossaire
Article 35 ter du CGI
- Disposition du Code général des impôts exonérant d’impôt sur le revenu les revenus de cession d’énergie photovoltaïque d’un particulier inférieurs à 3 000 €/an. Introduit par la loi de finances 2011, seuil révisé depuis.
BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux)
- Catégorie fiscale applicable aux revenus tirés d’une activité commerciale, artisanale ou industrielle. S’applique aux revenus solaires dépassant 3 000 €/an pour les particuliers. Régime micro-BIC avec abattement 71 % ou régime réel.
Surimposition
- Effet de l’ajout de revenus solaires sur le taux marginal d’imposition d’un foyer. En micro-BIC (abattement 71 %), l’impact effectif est au maximum de 13,05 % des revenus bruts solaires (tranche 45 %). Pour la tranche 30 %, il est de 8,7 %.
Micro-BIC
- Régime simplifié de déclaration des bénéfices industriels et commerciaux, avec un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d’affaires brut pour les activités de vente. Accessible jusqu’à 72 600 €/an de CA.
TVA à taux réduit (5,5 %)
- Taux applicable à toute opération photovoltaïque ≤ 9 kWc en logement — neuf compris — dont les modules sont attestés conformes à l’arrêté du 08/09/2025 et dont la pose est réalisée par un professionnel qualifié (CGI art. 278-0 bis P, en vigueur depuis le 01/10/2025). À défaut, 20 % directement : le repli à 10 % est caduc pour le photovoltaïque depuis le 22/10/2025.
IFER (Impôt Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux)
- Impôt annuel applicable aux centrales de production d’électricité solaire dont la puissance installée dépasse 100 kWc. Tarif 2026 : ~3,20 €/kW. Déclaré sur le formulaire 1520-PV-SD.
CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)
- Impôt local dû par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée. S’applique aux micro-entrepreneurs producteurs d’électricité. Montant fixé par la commune selon la valeur locative.
BA (Bénéfices Agricoles)
- Catégorie fiscale applicable aux exploitants agricoles. Les revenus d’une installation agrivoltaïque répondant aux critères de la loi APER 2023 sont rattachés aux BA plutôt qu’aux BIC.
Agrivoltaïsme
- Association sur une même emprise foncière d’une production agricole principale et d’une production d’électricité solaire. Défini par la loi APER du 10 mars 2023. Régime fiscal spécifique (BA) si conditions remplies.
Prélèvement à la source (PAS)
- Mécanisme de collecte de l’impôt sur le revenu en temps réel. Les revenus BIC micro-entrepreneur génèrent des acomptes trimestriels ou mensuels calculés sur la déclaration de l’année précédente.
Loi DDADUE 2022
- Loi du 16 août 2022 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne. Permet aux communes d’accorder une exonération temporaire de taxe foncière (3 ans max) pour les installations photovoltaïques en résidence principale.
Déduction immédiate LF 2024
- Mesure fiscale de la loi de finances 2024 permettant aux PME (< 50 M€ CA) de déduire immédiatement jusqu’à 500 000 € HT d’investissements en énergies renouvelables de leur résultat imposable, en complément de l’amortissement normal.
Calculez votre gain net après impôts
Notre simulateur intègre la fiscalité 2026 : surplus vendus, exonérations, prime à l’autoconsommation, surimposition. Obtenez votre rentabilité nette réelle.
Simuler ma rentabilitéÀ explorer ensuite
À lire aussi
Aides aux panneaux solaires
Prime à l’autoconsommation, MaPrimeRénov et aides locales 2026.
Réglementation solaire
Déclaration de travaux, raccordement et normes applicables.
Solaire entreprise
Aides, TVA, amortissement : le guide fiscal pour les professionnels.
Prix d’une installation solaire
Coûts réels au kWc et retour sur investissement net après aides.
Installateurs RGE QualiPV
Comment choisir un installateur certifié et éviter les arnaques.
Sources & références
- Légifrance — Article 35 ter CGI (exonération revenus photovoltaïques)
- BOFIP — Bulletin Officiel des Finances Publiques, BIC micro-entreprise
- Service-public.fr — Autoconsommation photovoltaïque et fiscalité
- DGFiP — TVA sur les travaux de rénovation énergétique
- ADEME — Guide de l’autoconsommation photovoltaïque
- Légifrance — Art. 1519 F CGI (IFER installations solaires)
- CRE — Arrêtés tarifaires T3 2026 (surplus et injection totale)
- Légifrance — Loi APER du 10 mars 2023 (agrivoltaïsme)
- Loi de finances 2024 — Déduction immédiate investissements verts PME
Adresses dédiées à ce sujet
Thème
Taille du texte
Mode lecture

