La filière photovoltaïque française emploie aujourd’hui environ 15 000 personnes en emplois directs selon les estimations de France Énergie Solaire et de l'ADEME, auxquels s’ajoutent plusieurs dizaines de milliers d’emplois indirects et induits. Cette dynamique d’emploi est directement corrélée à la croissance des installations : plus de 900 000 foyers équipés, des centaines de milliers de projets professionnels en cours, et un objectif de 44 GW en 2028 qui implique une accélération significative. Ce panorama dresse l’état des lieux des emplois de la filière en 2026 et les perspectives à horizon 2030.
Les 15 000 emplois directs : périmètre et réalité
Définition des emplois directs
Les emplois directs de la filière photovoltaïque comprennent les postes directement liés à l’activité solaire dans des entreprises spécialisées ou dont une part significative de l’activité est photovoltaïque :
- Installateurs et techniciens de pose (le cœur du volume)
- Bureau d’études et ingénieurs (conception, dimensionnement, calepinage)
- Développeurs de projets (prospection foncière, montage administratif)
- Fabricants de composants en France (modules, onduleurs, systèmes de fixation)
- Maintenance et exploitation (O&M des centrales, suivi de performance)
- Formation (formateurs spécialisés ENR)
- Distribution (négoce de matériaux solaires, distributeurs spécialisés)
Selon France Énergie Solaire, les installateurs et techniciens de terrain représentent 60 à 65 % du total des emplois directs, soit 9 000 à 10 000 personnes. Le reste se partage entre les fonctions support, les développeurs, les bureaux d’études et la distribution.
À retenir
💡 Ces 15 000 emplois directs sont à comparer aux 150 000 emplois directs de la filière photovoltaïque allemande (données BSW Solar 2025) pour un marché 4 à 5 fois plus grand en volume. La filière française a un potentiel de développement important.
Les emplois indirects et induits
Selon la méthodologie ADEME, pour chaque emploi direct dans la filière photovoltaïque, on estime environ 2 à 3 emplois indirects et induits :
- Indirects : fournisseurs de composants, prestataires logistiques, experts juridiques et fiscaux
- Induits : emplois créés par la consommation des salariés de la filière
Le total emplois directs + indirects + induits atteint ainsi 45 000 à 60 000 emplois selon les estimations ADEME pour 2026.
Répartition géographique et par type d’acteur
Une filière concentrée dans le sud mais présente partout
Comme pour les installations, la filière emploi est plus dense dans les régions à fort ensoleillement et à forte activité solaire :
| Région | Part estimée des emplois directs |
|---|---|
| Occitanie | ~15 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | ~13 % |
| Nouvelle-Aquitaine | ~12 % |
| PACA | ~10 % |
| Île-de-France | ~8 % (sièges sociaux, développeurs) |
| Grand Est | ~7 % |
| Autres | ~35 % |
Les régions nordistes emploient néanmoins un nombre non négligeable de techniciens, car les installations s’y développent et les entreprises maintiennent leurs équipes locales.
Par type d’entreprise
| Type d’acteur | Part des emplois directs |
|---|---|
| TPE/PME installateurs (< 50 salariés) | ~55 % |
| ETI et grandes entreprises spécialisées | ~25 % |
| Développeurs et IPP (producteurs indépendants) | ~10 % |
| Fabricants et distributeurs | ~10 % |
La filière est donc majoritairement composée de petites et moyennes entreprises locales, ce qui lui donne un ancrage territorial fort mais rend la structuration industrielle plus complexe.
Les métiers de la filière en 2026
Les métiers les plus recherchés
Technicien installateur photovoltaïque
C’est le métier le plus représenté dans la filière. Le technicien installateur réalise :
- La pose des modules sur toiture (fixation, étanchéité, câblage DC)
- Le raccordement des onduleurs et le câblage AC
- La mise en service et les contrôles de conformité
- Les diagnostics de panne et la maintenance
Formation requise : Bac Pro MELEC (Métiers de l’Électricité et de ses Environnements Connectés) ou BTS Électrotechnique, complété par une formation spécialisée photovoltaïque et la qualification RGE QualiPV.
Salaire indicatif : 24 000 à 35 000 € bruts annuels selon l’expérience et la région.
Chef de chantier photovoltaïque
Le chef de chantier supervise les équipes d’installation, assure la qualité d’exécution, coordonne les sous-traitants et est l’interlocuteur principal du client sur site.
Formation requise : BTS ou licence professionnelle avec expérience terrain.
Salaire indicatif : 32 000 à 45 000 € bruts annuels.
Chargé d’affaires / développeur de projets
Il prospecte les sites, évalue la faisabilité technique et économique des projets, monte les dossiers administratifs et techniques, et assure le suivi jusqu’à la mise en service.
Formation requise : Bac+2 à Bac+5, formations ingénieur ou commerciale avec spécialisation ENR.
Salaire indicatif : 35 000 à 55 000 € bruts annuels.
Ingénieur bureau d’études
Conception des systèmes solaires, dimensionnement, calepinage, simulation de production, études de structure. Interfaces avec les architectes, bureaux de contrôle et ENEDIS.
Formation requise : École d’ingénieurs ou Master technique (génie électrique, énergie).
Salaire indicatif : 38 000 à 60 000 € bruts annuels.
Technicien O&M (exploitation et maintenance)
Assure le suivi de performance des centrales en exploitation, réalise les maintenances préventives et curatives, intervient sur les pannes. Profil de plus en plus recherché avec la croissance du parc installé.
Formation requise : BTS Électrotechnique ou Maintenance industrielle avec spécialisation.
Salaire indicatif : 28 000 à 40 000 € bruts annuels.
L’objectif 25 000 emplois directs en 2030
Le calcul : emplois nécessaires pour tenir l’objectif 44 GW
Pour raccorder 6 à 7 GW par an (cadence nécessaire pour atteindre 44 GW en 2028), France Énergie Solaire estime qu’il faudrait environ 25 000 emplois directs dans la filière (versus 15 000 actuellement), dont une large majorité de techniciens de terrain.
Cet objectif implique de former 10 000 techniciens et ingénieurs supplémentaires en 3 à 5 ans — un défi de formation considérable.
Les initiatives en cours
Plusieurs acteurs travaillent à répondre à ce défi :
Éducation nationale et CFA :
- Création de nouvelles sections Bac Pro MELEC avec option ENR dans les lycées professionnels
- Développement de CFA spécialisés ENR dans plusieurs régions
- Partenariats lycée-entreprises pour l’apprentissage
ADEME et Régions :
- Cofinancement de formations courtes certifiantes (5 à 10 jours) pour les reconversions professionnelles d’électriciens
- Plan régional de formation ENR dans plusieurs Régions (Occitanie, PACA, AuRA)
Acteurs privés :
- Plusieurs grandes entreprises de la filière ont mis en place des centres de formation internes pour accélérer la montée en compétences
Pour comprendre le lien entre développement des emplois et croissance du parc installé, consultez nos articles sur le marché solaire France 2026 et sur la croissance du résidentiel.
Les perspectives d’emploi dans les segments spécialisés
Grandes centrales et segment C&I
Avec le développement des appels d’offres CRE et des grands projets industriels, les développeurs de projets, ingénieurs de raccordement et techniciens O&M de centrales sont de plus en plus recherchés. Le segment centrale-solaire-grande-puissance et hangar-photovoltaique crée ses propres besoins spécifiques.
La maintenance du parc existant
Avec plus de 900 000 installations résidentielles et plusieurs milliers de projets professionnels, la maintenance du parc existant représente un gisement d’emplois croissant et récurrent — indépendant des aléas des nouvelles installations. Un parc de 1 million d’installations génère mécaniquement des besoins de maintenance, de remplacement d’onduleurs et de nettoyage.
Pour en savoir plus sur les aspects financiers du secteur, consultez notre page prix-installation-solaire et notre guide autoconsommation-solaire.
Repères CRE France T2 2026 : les leviers économiques qui soutiennent l’emploi
Les 15 000 emplois de la filière reposent sur un cadre économique CRE T2 2026 stable :
| Paramètre | Valeur France T2 2026 |
|---|---|
| Prime autoconso ≤ 9 kWc | 80 €/kWc (barème jusqu’au 04/06/2026, versée 1 fois) |
| Prime autoconso 9-36 kWc | 120 €/kWc (barème jusqu’au 04/06/2026) |
| Prime autoconso 36-100 kWc | 60 €/kWc (barème jusqu’au 04/06/2026) |
| Surplus EDF OA ≤ 9 kWc | 0,04 €/kWh (fixe 20 ans) |
| Surplus EDF OA 9-100 kWc | 0,0473 €/kWh |
| TVA ≤ 9 kWc (logement, quelle que soit son ancienneté, UE/RGE) | 5,5 % (20 % neuf ou >9 kWc) |
| Prix TTC 3 / 6 / 9 kWc | 5-7,5 k€ / 9-12,5 k€ / 12-16 k€ |
| MaPrimeRénov pour PV autoconso | Non applicable |
Productible : irradiation × kWc × 0,82.
Conclusion
La filière photovoltaïque française emploie environ 15 000 personnes en emplois directs en 2026, avec un potentiel de croissance vers 25 000 d’ici 2030 selon les projections de France Énergie Solaire et de l’ADEME. Ce potentiel est conditionné à un effort de formation significatif et à l’accélération du marché que permettrait l’atteinte de l’objectif 44 GW de la PPE. Les métiers techniques (installateurs, techniciens O&M) représentent la majorité des besoins et offrent des débouchés solides pour les profils issus des filières électricité et maintenance.
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FAQ
Combien d’emplois le secteur solaire crée-t-il en France ?
La filière photovoltaïque française représente environ 15 000 emplois directs en 2026 selon France Énergie Solaire et l’ADEME. En comptant les emplois indirects et induits, le total est estimé à 45 000-60 000 emplois liés à la filière.
Quel est l’objectif d’emplois dans le solaire en France pour 2030 ?
France Énergie Solaire estime qu’il faudra environ 25 000 emplois directs dans la filière pour tenir la cadence de raccordement permettant d’approcher l’objectif PPE de 44 GW en 2028, soit 10 000 emplois supplémentaires à créer en 3 à 5 ans.
Quels sont les métiers les plus recherchés dans le solaire en France ?
Les techniciens installateurs photovoltaïques (pose, câblage, mise en service) sont les profils les plus demandés, représentant 60-65 % des emplois directs. Les chargés d’affaires, ingénieurs bureau d’études et techniciens O&M sont également très recherchés.
Quelle formation faut-il pour travailler dans le solaire ?
Un Bac Pro MELEC ou un BTS Électrotechnique, complété par une formation spécialisée photovoltaïque, est la voie principale. Des formations courtes de reconversion (5-10 jours) existent pour les électriciens souhaitant se spécialiser. La qualification RGE QualiPV est le standard professionnel de la filière.
Le secteur solaire offre-t-il des emplois stables ?
Oui, d’autant plus que la maintenance du parc existant (900 000+ installations en 2026) génère des besoins récurrents et stables, indépendants des aléas des nouvelles installations. Les emplois O&M et maintenance sont particulièrement peu cycliques.
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*Sources : France Énergie Solaire "Baromètre emploi solaire 2025" · ADEME "L’emploi dans les énergies renouvelables en France 2025" · Observ’ER "Observatoire des énergies renouvelables 2026" · SER "Panorama ENR T4 2025" · Qualit’EnR "Formations RGE QualiPV 2026"*


