En quinze mois, le soutien public aux petites installations solaires a été transformé deux fois. Au début de 2025, une installation de maison vendait son surplus 12,69 centimes le kWh et touchait une prime à l’installation. Depuis le 5 juin 2026, le surplus est acheté 1,1 centime et la prime n’existe plus.
Cet article fait le point sur les règles en vigueur au 4 octobre 2026, sur qui est concerné, et sur ce que cela change concrètement à la rentabilité d’un projet.
Le tarif en vigueur depuis le 5 juin 2026
L’arrêté du 1er juin 2026 modifie l’arrêté dit « S21 » du 6 octobre 2021, qui fixe les conditions d’achat de l’électricité des installations sur bâtiment. Il est entré en vigueur le 5 juin 2026.
| Élément | Règle depuis le 5 juin 2026 |
|---|---|
| Tarif d’achat | 1,1 c€/kWh HT, tarif unique |
| Installations concernées | 0 à 100 kWc, en vente du surplus et en vente totale (la vente totale reste fermée aux installations de 9 kWc et moins) |
| Prime à l’investissement | Supprimée |
| Durée du contrat | 20 ans |
| Évolution du tarif | +2 % par an pendant tout le contrat (fin de la baisse trimestrielle) |
| Plafond | Au-delà de 1 600 kWh/kWc par an, l’électricité injectée n’est pas rémunérée |
Avec l’indexation, le tarif atteint 1,12 c€/kWh la deuxième année, 1,31 c€ la dixième et 1,60 c€ la vingtième. L’arrêté simplifie aussi quelques démarches : la mise en service correspond désormais à la date d’autorisation d’injection, et l’attestation d’architecte n’est plus demandée systématiquement.
Ce qui avait déjà changé en 2025
La réforme de juin 2026 prolonge celle du 26 mars 2025 (en vigueur le 28 mars 2025), qui avait déjà fortement réduit le soutien aux petites installations :
| Élément | Avant avril 2025 | À partir d’avril 2025 | Depuis le 5 juin 2026 |
|---|---|---|---|
| Surplus, 9 kWc et moins | 12,69 c€/kWh | 4,00 c€/kWh | 1,1 c€/kWh |
| Surplus, 9 à 100 kWc | 7,61 c€/kWh | 7,61 c€/kWh | 1,1 c€/kWh |
| Prime, 9 kWc et moins | 0,14 à 0,22 €/Wc selon la taille et le trimestre | 0,08 €/Wc (80 €/kWc) | Supprimée |
| Prime, 9 à 36 kWc | — | 0,19 €/Wc | Supprimée |
| Prime, 36 à 100 kWc | — | 0,10 €/Wc | Supprimée |
L’arrêté de mars 2025 avait aussi fermé la vente totale aux installations de 9 kWc et moins, et orienté les projets de plus de 100 kWc vers une procédure d’appel d’offres simplifiée.
Qui garde les anciennes conditions ?
Ce n’est ni la date du devis ni celle de la pose qui compte, mais la date de la demande complète de raccordement :
- Demande complète déposée avant le 5 juin 2026 : le dossier garde la prime et le tarif du trimestre de la demande (par exemple 80 €/kWc et 4 c€/kWh pour une installation de 9 kWc et moins déposée au deuxième trimestre 2026), pour toute la durée du contrat.
- Demande complète déposée depuis le 5 juin 2026 : tarif unique de 1,1 c€/kWh, sans prime.
- Contrats EDF OA déjà signés : ils ne sont pas modifiés. Le projet de budget 2027 vise certains contrats de grandes installations, pas les toitures de maison : voir ce que le budget 2027 change pour les contrats de rachat.
Si un vendeur vous promet aujourd’hui une prime à l’autoconsommation ou un rachat à 4 centimes pour un nouveau projet, son information est périmée.
Ce que ça change à la rentabilité
Le prix de l’électricité achetée au réseau, lui, n’a pas baissé : le tarif réglementé Base est de 0,2001 €/kWh TTC depuis le 1er août 2026 (6 kVA). Un kWh produit et consommé chez vous vaut donc environ 18 fois plus qu’un kWh injecté.
Exemple illustratif : une installation de 6 kWc produit environ 7 000 kWh par an, dont la moitié est consommée sur place.
| Poste annuel | Régime d’avril 2025 | Régime depuis juin 2026 |
|---|---|---|
| 3 500 kWh autoconsommés × 0,2001 € | 700 € d’économies | 700 € d’économies |
| 3 500 kWh injectés | 140 € (à 4 c€) | 39 € (à 1,1 c€) |
| Prime à l’installation (une fois) | 480 € | 0 € |
La différence est réelle (environ 100 € par an et une prime de 480 € en moins), mais elle ne porte que sur la part injectée. L’essentiel du gain vient de l’autoconsommation, qui n’est pas touchée par la réforme. Deux conséquences pratiques :
- dimensionner l’installation sur votre consommation, pas sur la revente : chaque panneau en trop produit surtout de l’électricité vendue à 1,1 centime ;
- augmenter la part consommée sur place : programmer le chauffe-eau et les appareils en journée, envisager un routeur solaire ou, selon les cas, une batterie.
Pour les nouveaux horaires d’heures creuses et leurs effets, voir heures creuses l’après-midi et panneaux solaires. Pour comprendre le principe, voir l’autoconsommation solaire.
Questions fréquentes
La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?
Non pour les demandes complètes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. Les dossiers déposés avant cette date la conservent.
Mon contrat de rachat signé en 2023 va-t-il passer à 1,1 centime ?
Non. Un contrat signé garde son tarif pendant toute sa durée. La réforme ne s’applique qu’aux nouvelles demandes.
Est-ce encore rentable d’installer des panneaux ?
Cela dépend surtout de la part de la production que vous consommerez vous-même. Une installation bien dimensionnée, avec un taux d’autoconsommation élevé, reste rentable sur la durée de vie des panneaux ; une installation surdimensionnée pour revendre ne l’est plus. Simulez votre toit pour voir votre propre cas.
Estimer ma production et ma part d’autoconsommation →
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*Sources : Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté du 6 octobre 2021 (Légifrance) · Photovoltaique.info, « Arrêté S21 : détail des modifications et nouveau tarif unique » et « Détails des modifications de l’arrêté S21 et publication des nouvelles grilles tarifaires » (arrêté du 26 mars 2025) · Tarif réglementé de vente au 1er août 2026 (Selectra).*


