Le développement rapide du marché solaire attire des acteurs peu scrupuleux. La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) a recensé plusieurs centaines de plaintes liées à des installations solaires défectueuses ou surfacturées en 2024-2025. Voici dix signaux d’alerte concrets pour identifier un mauvais installateur ou une tentative d’escroquerie avant de signer quoi que ce soit.
Signal 1 : le démarchage à domicile non sollicité
Depuis la loi n°2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération des énergies renouvelables (loi APER), le démarchage à domicile pour la vente d’installations de production d’énergie renouvelable est strictement interdit. Concrètement, un commercial qui sonne à votre porte pour vous proposer des panneaux solaires exerce une activité illégale.
Ce type de démarchage était la principale source d’arnaques dans le secteur jusqu’en 2022 : des propriétaires signaient un contrat sous pression, avec des conditions abusives, pour des équipements de mauvaise qualité. La loi APER a mis fin à ce type de pratique. Si vous êtes démarché à domicile pour du solaire, c’est le premier signal d’alerte.
Attention
⚠️ La loi APER interdit également le démarchage téléphonique non sollicité pour les énergies renouvelables dans le cadre résidentiel. Un appel non sollicité pour vous proposer des panneaux solaires est une pratique illicite au sens de l’article L.221-17 du Code de la consommation.
Signal 2 : un devis sans numéro SIRET ou sans mention RGE
Tout devis professionnel doit obligatoirement mentionner la raison sociale, l’adresse, le numéro SIRET de l’entreprise, et les certifications détenues. L’absence du numéro RGE et de la qualification QualiPV sur le devis est un signal fort : soit l’installateur n’est pas certifié (et vous ne bénéficierez pas de la TVA à 5,5 %), soit il certifie mensongèrement une qualification qu’il n’a pas.
Vérifiez systématiquement la certification sur l'annuaire officiel avant de signer.
Signal 3 : une promesse de remboursement total par les aides
"L’installation sera entièrement financée par les aides de l’État" est un argument commercial abusif. En 2026, les aides disponibles pour une installation résidentielle sont :
- La prime autoconso CRE : 80 €/kWc (barème jusqu’au 04/06/2026) pour ≤ 9 kWc (versée une seule fois par l’ASP, soit 720 € pour 9 kWc)
- La TVA réduite à 5,5 % (une économie, pas une aide directe)
- Les revenus de revente du surplus au tarif EDF OA
Ces aides représentent une réduction réelle du coût, mais ne financent pas l’intégralité de l’installation. Toute promesse de remboursement complet ou de "coût zéro après aides" est mensongère. Par ailleurs, MaPrimeRénov’ ne finance pas les panneaux solaires photovoltaïques en autoconsommation. Pour connaître les aides solaires réellement disponibles, consultez notre guide dédié.
Signal 4 : un acompte supérieur à 30 %
La loi fixe un plafond légal de 30 % du montant total TTC pour l’acompte demandé à la signature du contrat. Un installateur qui demande 50 %, 70 % ou la totalité du montant à la signature commet une irrégularité. Au-delà de 30 %, vous n’avez aucune garantie de voir les travaux réalisés si l’entreprise disparaît ou fait faillite.
Signal 5 : des modules sans certification IEC
Les modules photovoltaïques doivent être certifiés selon les normes IEC 61215 (performance) et IEC 61730 (sécurité). Ces certifications sont obligatoires pour les installations raccordées au réseau en France. Un installateur qui ne peut pas fournir les fiches techniques de certification IEC de ses modules vend du matériel non conforme.
Demandez systématiquement la datasheet fabricant avant de signer. Vérifiez la marque sur le registre PVEL ou BNEF Tier 1 pour confirmer que le fabricant est audité.
Signal 6 : un contrat sans délai de rétractation de 14 jours
Tout contrat de vente à distance ou hors établissement est soumis à un délai de rétractation de 14 jours calendaires (article L.221-18 du Code de la consommation). Même si le démarchage à domicile est désormais interdit pour les énergies renouvelables, ce droit de rétractation s’applique à tout contrat signé en dehors de l’établissement commercial de l’installateur (y compris lors d’une foire, d’un salon, d’une visite à domicile sollicitée par vous).
Un contrat qui ne mentionne pas ce droit de rétractation, ou qui tente de vous en priver, est non conforme.
Signal 7 : une estimation de production irréaliste
Un productible annoncé de 1 500 kWh/kWc à Paris ou de 1 800 kWh/kWc à Lyon est physiquement impossible. Les valeurs réalistes pour la France métropolitaine sont :
| Région | Productible réaliste (kWh/kWc/an) |
|---|---|
| Nord, Normandie | 850 – 1 050 |
| Île-de-France, Grand Est | 950 – 1 150 |
| Centre, Bourgogne | 1 050 – 1 250 |
| Bordeaux, Toulouse | 1 150 – 1 350 |
| PACA, Languedoc | 1 300 – 1 550 |
La formule est : productible = irradiation locale × kWc × 0,82. Toute estimation supérieure de plus de 20 % aux valeurs PVGIS de votre commune est une surestimation intentionnelle.
Signal 8 : une adresse ou un numéro de téléphone introuvables
Vérifiez que la société existe bien via l'annuaire Société.com ou Pappers, que son adresse correspond à un établissement réel et non à une simple boîte postale, et que le numéro SIRET est actif. De nombreuses sociétés éphémères s’installent quelques mois, encaissent des acomptes et disparaissent avant de réaliser les travaux.
Signal 9 : l’urgence artificielle
"Cette offre n’est valable que jusqu’à demain", "nous avons encore une place disponible pour votre commune ce mois-ci", "le tarif de rachat va baisser dès la semaine prochaine" : toutes ces formulations créent une pression temporelle artificielle pour vous empêcher de comparer les offres. Un installateur sérieux vous donne le temps de réfléchir.
Signal 10 : l’absence de visite préalable sur site
Une installation solaire sérieuse requiert une visite technique de votre toiture avant l’établissement du devis : orientation, inclinaison, état de la couverture, structure porteuse, ombrage environnant. Un devis établi sans visite préalable repose sur des hypothèses non vérifiées et peut conduire à un dimensionnement inadapté ou à une installation techniquement impossible.
Que faire si vous êtes victime d’une arnaque ?
1. Ne payez pas le reste dû si les travaux sont non conformes ou non réalisés
2. Mettez en demeure l’installateur par lettre recommandée avec AR
3. Signalez à la DGCCRF via la plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr)
4. Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie si vous avez versé un acompte sans contrepartie
5. Contactez votre assurance habitation (garantie protection juridique)
Pour tout litige avec votre installateur, la réglementation solaire encadre précisément vos droits et recours.
Reconnaître un bon contrat d’installation solaire
À l’opposé des signaux d’alerte, un contrat sérieux comporte toujours les éléments suivants :
- Le numéro de qualification RGE et la date d’expiration
- La description précise des équipements (marque, modèle, puissance, numéro de certification IEC)
- Le planning prévisionnel du chantier avec date de début et durée estimée
- Les modalités de paiement conformes à la règle des 30 % à la signature
- La mention du droit de rétractation de 14 jours et le formulaire joint
- Les garanties : décennale, biennale, performance des modules (25 ans), garantie onduleur
- La gestion des démarches CONSUEL, ENEDIS et demande de prime autoconso incluse ou à la charge du client (à clarifier)
Si l’un de ces éléments est absent, demandez à l’installateur de compléter le document avant de signer. Un professionnel sérieux accepte sans difficulté de préciser son contrat. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la réglementation solaire et notre page sur les panneaux solaires pour comprendre les certifications produits.
Conclusion
La grande majorité des installateurs solaires en France sont des professionnels sérieux. Mais quelques signaux d’alerte suffisent à identifier les rares acteurs malveillants avant qu’il ne soit trop tard. Vérifiez le RGE QualiPV, refusez tout acompte supérieur à 30 %, prenez le temps de comparer les devis et n’acceptez aucune pression temporelle artificielle. Pour le choix final, notre guide sur combien de devis comparer vous donne une méthode concrète.
Vérifiez la certification de votre installateur et simulez votre projet →
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FAQ
Un installateur peut-il me contacter par téléphone s’il a eu mes coordonnées via un formulaire en ligne ?
Oui, si vous avez explicitement consenti à être recontacté lors du remplissage du formulaire. Le consentement doit être actif (case à cocher) et spécifique à l’entreprise qui vous contacte.
Que se passe-t-il si je me rétracte dans les 14 jours ?
L’installateur doit vous rembourser intégralement les sommes versées dans les 14 jours suivant votre notification de rétractation. Si des travaux ont déjà débuté à votre demande expresse avant la fin du délai, une proratisation des travaux réalisés peut être appliquée.
La certification RGE QualiPV garantit-elle la qualité de l’installation ?
Elle garantit que l’installateur a suivi une formation reconnue et que son activité est auditée régulièrement par un organisme accrédité (Qualit’EnR). Elle ne garantit pas l’absence de malfaçon, mais donne un filet de sécurité réglementaire et permet les recours en cas de litige.
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*Sources : Légifrance Loi APER n°2023-175 du 10 mars 2023 · Légifrance Code de la consommation art. L.221-17 et L.221-18 · DGCCRF "Secteur photovoltaïque — bilan des contrôles 2024" · Service-Public.fr "Démarchage à domicile : règles et protection" 2026 · Qualit’EnR "Annuaire QualiPV" 2026*


